Sous le Tropique du Capricorne

Publié le par Aurélie

Sous le Tropique du Capricorne

Le soleil et la brise des derniers jours, en contraste avec le milieu urbain dans lequel je vis, m'ont donné des envies d'ailleurs, des désirs d'exotisme. Un exotisme recréé, sans aucun doute, qui a vraisemblablement peu à voir avec le vie réelle sous les tropiques, un ailleurs fait de lectures, de films et de tissus chatoyants.

Sous le Tropique du Capricorne

La relecture des albums d'Hugo Pratt, Sous le signe du Capricorne et Ballade de la Mer salée, dans lesquels Corto Maltese évolue dans le Pacifique et en Amérique latine ont nourri mon aspiration aux voyage. Lors de ces lectures, je me suis un peu plus intéressée à l'esthétique des personnages féminins, à la fois secondaires et fondamentaux dans l'évolution de la narration. Je ne m'étais jusqu'alors que peu attardée sur les vêtements que portent ces femmes, toutes fatales à des degrés et de manière différente. Les tenues de ces personnages sont soignées, détaillées. Elles sont parfois caractéristiques d'un personnage, comme les robes et les coiffes surchargées de fleurs de Morgana Dos Santos ou Bouche Dorée ou précises et acérées comme celle de Madame Java, qui rappelle la précision de son jet de couteau. Parfois, la tenue change avec le personnage, en fonction de sa situation et à mesure de l'affirmation de sa personnalité. Ainsi, Pandora, "bijou romantique" des îles du Pacifique évolue de la jeune fille en robe courte, proie des pirates, à celle, plus sûre d'elle, en tenue plus stricte et masculine des dernières vignettes.

Venexiana Stevenson et Pandora GroovesnoreVenexiana Stevenson et Pandora Groovesnore

Venexiana Stevenson et Pandora Groovesnore

Sous le Tropique du Capricorne

Mais mon envie d'ailleurs ne s'est pas seulement nourrie ces derniers temps de lectures ou de parfums, une visite chez Bennytex m'a permis d'acheter quelques étoffes aux imprimés tropicaux; un exotisme de pacotille, peut-être, mais qui a renforcé ma nostalgie d'un lointain ensoleillé et maritime.

S'agissant de tissus très bariolés, ce sont eux qui ont dicté les modèles et non l'inverse... Mais il est vrai que je procède souvent ainsi!

Sous le Tropique du Capricorne

Le premier tissu que j'ai travaillé est un satin de coton assez solide, de couleur vieux rose, imprimé de grosses fleurs, qui m'a fait pensé à du batik indonésien. J'ai donc d'abord cherché un modèle de robe drapée qui resterait dans cet esprit. Mais j'ai rapidement redouté que le rendu soit quelque peu incongru en ville. J'ai donc opté pour un patron de robe très simple (deux morceaux!) tiré du magazine Burda de mai 2012.

Robe sans manche "Voyage en Indonésie"

Robe sans manche "Voyage en Indonésie"

Relever un patron Burda relève toujours, pour moi, de l'exploit ... je n'étais pas peu fière d'avoir décalqué mes cinq pièces, en comptant propretés et poches!

Pour un patron aussi simple, les explications étaient très suffisantes et la réalisation a été des plus rapides (2h peu-être au total?). Toutefois, comme souvent avec ce magazine, j'ai trouvé que le patron taillait grand. J'ai bien pris soin de modifier la stature (- 10 cm), mais la robe reste malgré tout assez large, ce qui renforce le côté décontracté du modèle.

Tissu de coton imprimé vintage

Tissu de coton imprimé vintage

Sous le Tropique du Capricorne

Alors que j'avais un peu tâtonné avec mon premier morceau de tissu, j'ai tout de suite su quel modèle j'allais coudre avec le deuxième, résolument 80's : une saharienne! On est, là aussi, dans le cadre d'un exotisme recréé, renforcé par des boutons en noix de coco, mais peu importe.

J'ai donc repris un patron Avantages déjà ancien, puisqu'il date de mars 2001 et que j'avais déjà cousu l'été dernier. Il s'agit d'un modèle de robe polo, très simple, mais dont le rendu est assez seyant. Là encore, la réalisation du modèle n'a pas présenté de difficulté particulière, si ce n'est la pose du col, dont je n'ai pas trouvé les explications très claires.

"Saharienne" exotique

"Saharienne" exotique

Sous le Tropique du Capricorne

Je n'ai fait aucune modification, mais la prochaine fois, j'ajouterai sans doute des poches, puisque ce type de modèles, décontracté, le permet. Je devrai donc probablement décaler la couture de côté vers l'avant.

"Saharienne" exotique

"Saharienne" exotique

Malheureusement, depuis, le soleil a disparu et le ciel peu clément ne m'a pas permis de transporter mon petit coin d'exotisme dans la grisaille parisienne.

Néanmoins, il me reste un dernier morceau d'étoffe, des fleurs exotiques sur fond blanc : peut-être le soleil aura-t-il reparu lorsque j'aurai terminé de le coudre?

Publié dans couture, tissus, vintage

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