Les mésaventures de Jacques ...

Publié le par Aurélie

Les mésaventures de Jacques ...

Jacques, c'est le nom d'un patron à succès de La République du Chiffon. Il s'agit d'un pantalon de coupe "chino", c'est-à-dire droite, et à la longueur 7/8ème, en d'autres termes, au-dessus de la cheville. Son originalité réside dans la ceinture, qui reprend la forme d'un col de chemise.

Le modèle, malgré son succès, ne m'avait pas particulièrement plu lors de sa sortie. Les modèles "chino" m'évoquent irrémédiablement les pantalons "Dockers", peu flatteurs, des années 90 et les réalisations que j'avais pu voir sur le Net avaient achevé de me convaincre que ce modèle n'était pas pour moi. Cela d'autant moins que la longueur 7/8ème n'est pas idéale avec ma petite taille si la jambe du modèle n'est pas quelque peu fuselée.

Anne Valérie Hash: corsages
Anne Valérie Hash: corsages

Anne Valérie Hash: corsages

Malgré tout, lorsque j'ai eu l'occasion récemment d'acheter ce patron d'occasion, je me suis souvenue de cette petite ceinture originale, qui me rappelait le travail d'Anne Valérie Hash: délicat, plein d'humeur et quelque peu provocateur. J'avais besoin d'un nouveau pantalon, j'ai donc acquis ce patron sans trop d'hésitation.

Mais que de péripéties, finalement, dans la réalisation de ce modèle!

Les mésaventures de Jacques ...

J'étais dès le départ assez dubitative quant à l'allure de ce pantalon sur moi. Je voulais donc trouver le tissu adéquat dans ma malle, dont j'essaie en ce moment d'exploiter au mieux le contenu. J'y ai trouvé, un peu au fond, une étoffe de laine, polyester et lycra, grise à chevrons, que j'avais déjà utilisée pour faire un pantalon d'homme. Ce tissu s'effiloche beaucoup. Malgré tout, peu cher, ayant déjà été testé, il me paraissait idoine pour réaliser ce modèle Jacques.

Une fois le tissu trouvé, me voici confrontée à ma 1ère difficulté: le choix de la taille. Selon le tableau du modèle, je suis supposée couper mon pantalon en ... 44! Au lieu de mon 36 habituel pré-grossesse ou de mon 38 post-grossesse. Que faire?

Après avoir mesuré, sur le papier, la taille réelle du patron (soit avec l'aisance), et parce que mon tissu est légèrement extensible, je décide de le couper pour une taille 38 en laissant 1,5cm de marges de couture pour le cas où je devrais élargir le pantalon.

Après quelques temps d'hésitation et le recours au mètre-ruban, le 1er obstacle des aventures de Jacques est donc franchi!

Surjeteuse "Element by Pfaff"

Surjeteuse "Element by Pfaff"

Les mésaventures de Jacques ...

Autre nouveauté pour la réalisation de ce modèle: j'ai pu utiliser une surjeteuse! J'en étais d'autant plus ravie que mon tissu s'effilochait vraiment beaucoup. Il s'agit d'une machine Element by Pfaff", vendue par l'enseigne de discount Lidl (autour de 150€).

Mais la surjeteuse a fourni également la deuxième difficulté de ce projet, puisque j'ai réussi à la désenfiler en la sortant du carton. Me voilà donc partie, pince à la main et schéma sous les yeux, pour 15min d'enfilage d'une machine dont je n'ai pas l'habitude.

Un deuxième point m'a également ennuyé avec cette machine: elle est fournie sans petit réceptacle pour récolter fibres et fils qui tombent au fur et à mesure de la couture. J'ai donc dû placer un petit sac plastique devant la machine.

Deuxième obstacle levé!

Les mésaventures de Jacques ...

La 3ème difficulté n'a pas tardé à survenir rapidement, et elle tient directement au patron: les poches à l'italienne du devant. Celles-ci n'auraient dû présenter aucune difficulté: la technique de montage de ce type de poche est peu complexe et j'en ai déjà cousu ... C'était sans compter avec une erreur de patronage: le patron des poches n'a pas la bonne forme. Et j'ai passé un temps fou à chercher d'où venait le problème avec ces poches, tant je ne pouvais simplement concevoir qu'il y avait une telle erreur sur la planche d'un patron d'apparence si soignée.

C'est sans doute le défaut de ce patron qui m'a le plus irritée, même s'il paraît minime. Cette 3ème épreuve, qui n'aurait pas dû exister, est facilement franchie dès que l'on modifie le fond de poche.

Les mésaventures de Jacques ...

J'étais ainsi passablement agacée par ce patron Jacques, et les explications très succinctes n'ont pas adoucie mon humeur.

J'ai par exemple trouvé quelque peu absurde que l'on explique par le menu comment monter des poches italiennes (par ailleurs fautives), mais que pour la poche passepoilée, l'un des points techniques de ce patron, il est simplement indiqué "réalisez la poche passepoilée" (étape 4). Pour plus de détail, le livret renvoie au site internet de la marque.

Est-il donc nécessaire de coudre avec son ordinateur sous les yeux? Cela m'a paru un peu paresseux, à moins que ce ne soit simplement destiné à faire quelques économies de papier?

N'ayant justement pas accès à Internet à ce moment là, j'ai réalisé cette poche passepoilée - que je trouve en outre un peu petite, plus décorative qu'utile - à l'aide de l'Encyclopédie de la Couture des éditions Flammarion.

La réalisation de la ceinture m'a également donné quelques minutes de perplexité. En elle-même, elle ne présente pas de difficulté car malgré sa forme elle se monte comme une ceinture classique. C'est l'absence de repères de montage suffisants qui m'a gênée. Et c'est, je trouve, une limite de ce patron. J'aime pouvoir m'assurer au fur et à mesure de la progression du montage que tous les éléments du modèle vont bien coïncider. Je ne comprends pas non plus pourquoi on nous demande de la réaliser en étape 6, pour ne finalement la monter sur le pantalon qu'en étape 11.

Enfin, un autre détail m'a incommodée: je ne sais si j'ai fait une erreur de coupe mais mon sous-pont de braguette était trop court.

Pour le reste, la réalisation du modèle, de niveau 4/4 dans l'échelle de difficulté de la marque, n'a pas été complexe.

Finalement, une fois le modèle terminé, je n'étais pas tout à fait satisfaite du résultat. Sans surprise, je trouvais les jambes trop larges, mais également trop courte. En fait de pantalon 7/8, Jacques s'arrête plus en bas du mollet qu'au dessus de la cheville, malgré ma petite taille. Le modèle était loin d'allonger visuellement ma jambe, bien au contraire!

Toutefois, contrairement à ce que je redoutais, le rendu au niveau des hanches et de la taille était plutôt joli. C'était pour moi le plus important: la jambe d'un pantalon se modifie assez facilement.

Les mésaventures de Jacques ...

Mais les aventures de Jacques ne s'arrêtent pas là!

Toute à mon enthousiasme d'avoir un nouveau pantalon, aussitôt cousu, aussitôt enfilé. J'avais à peine terminé les ourlets que je le mettais pour la journée. Et j'ai été agréablement surprise de son confort, dû à sa coupe large et au tissu élastique et souple.

Bref, j'avais presque le sentiment de porter un pantalon de jogging ... malheureusement, Jacques en a eu le rendu assez rapidement: tissus mollasson plutôt que souple, poches aux genoux, poche passepoilée qui "crache" ... Une catastrophe esthétique!

Les mésaventures de Jacques ...

J'étais ainsi bien dépitée lorsque j'ai mis mon nouveau pantalon au lavage ... Et je l'ai été plus encore lorsque je l'en a sorti. Car, je ne sais pourquoi, mais j'ai lavé mon pantalon en lainage au programme coton 40° ... Et l'étoffe n'a pas tardé à exprimer son mécontentement! J'ai sorti de la machine un pantalon à l'aspect presque gaufré, dont la poche passepoilée commençait à se défaire et qui présentait des rangées de "poils" le long des couture, à causes des fibres qui en sortaient. Importable! Tout simplement.

Jacques poilu et défait ...

Jacques poilu et défait ...

Les aventures de Jacques s'achèvent donc piteusement. Quelle(s) morale(s) en tirer?

1) La forme et le rendu de ce modèle, décidément, ne me vont pas, à moins de faire un certain nombre de modifications.

2) Pour le tissu, petit prix est quand même souvent synonyme de faible qualité.

3) Il ne FAUT PAS laver n'importe comment ses vêtements!

Bref, ma quête du pantalon idéal se poursuit ...

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